Japon 2012- Après le déluge/29

L’Isle le 29 janvier: Tepco déclare deux nouvelles fuites à la presse ce lundi, … Akio Koyama, de l’institut de recherche de Kyoto au micro de « Radio Japon »    (nhk word)

Nouvelles fuites d’eau identifiées à la centrale nucléaire Fukushima Dai-ichi

De nouvelles fuites d’eau ont été découvertes à la centrale nucléaire Fukushima Dai-ichi.

L’opérateur de la centrale, Tepco, a déclaré à la presse ce lundi matin avoir identifié deux nouvelles fuites, une révélation qui fait suite à l’annonce dimanche de la découverte de fuites en 14 endroits de la centrale, qui ont entraîné l’écoulement de près de 8 tonnes d’eau.

Dans un des nouveaux cas, ce sont environ 30 litres d’eau qui se sont écoulées d’un dispositif chargé d’enlever le sel de l’eau contaminée. L’autre fuite implique une soupape d’une conduite qui sert à injecter de l’eau dans un réacteur.

Tepco explique que l’eau en question ne s’est pas écoulée en dehors de la centrale et ne s’est pas déversée dans la mer.

La compagnie d’électricité s’efforce de déterminer si de l’eau dans plusieurs des conduites n’aurait pas gelé, provoquant une rupture des tuyaux ou le desserrement des raccords des conduites.

La température lundi matin autour de la centrale est tombée à moins 8,7 degrés Celsius.

Commentaire du jour : les fuites d’eau à la centrale nucléaire Fukushima Dai-ichi

Pour le commentaire du jour, le professeur Akio Koyama, de l’Institut du réacteur de recherche de l’université de Kyoto, répond à nos questions concernant les facteurs qui ont provoqué les fuites d’eau récentes à la centrale nucléaire Fukushima Dai-ichi. Il nous parle aussi des défis qui restent à relever concernant la sécurisation des installations sinistrées.

Radio Japon
Professeur Koyama, à quoi sont dues les fuites d’eau à la centrale Fukushima Dai-ichi ?

Akio Koyama
Je dirais qu’elles sont dues à de la négligence. Il ne s’agit pas d’une défaillance unique. L’eau a fui à de nombreux endroits. Cet incident nous laisse supposer que le personnel en charge a omis d’isoler les appareils du froid dans toute une section de la centrale. Toutefois l’eau qui s’est échappée du système ne contient cette fois pas ou peu de substances radioactives.
Je crois que ces fuites ne constituent pas un danger majeur en terme de risque pour l’environnement.
Une des raisons que l’on peut trouver à cette faute de négligence est la hâte avec laquelle le système de refroidissement a été installé dans la centrale.

Il faut compter en temps normal plusieurs mois, voire plusieurs années rien que pour la conception d’un tel système. Cette étape de conception comprend notamment l’élaboration des plans relatifs à la disposition des tuyaux. C’est lors de cette étape que l’on réfléchit aux moyens de prévenir les fuites d’eau. Or le système de refroidissement actuel a été installé en quelques mois. Par ailleurs l’environnement de travail est contaminé. Les niveaux de radiation y sont très élevés. Cela a pu être un facteur qui a conduit les travailleurs à commettre des erreurs.

RJ
Ces erreurs pourraient saper la confiance du public dans le processus de sécurisation actuellement en cours. Quels sont les défis qui restent à relever ?

AK
Selon le calendrier rendu public le mois dernier par le gouvernement, le système de refroidissement temporaire actuellement en fonction devrait être remplacé par un nouveau système pleinement opérationnel.
Le Japon dispose de l’expérience et de la technologie nécessaires au traitement de l’eau radioactive. Un nouveau système permanent de refroidissement utilisant ce savoir et cette technologie doit être mis en place le plus rapidement possible.

Il est prévu de lancer les travaux visant à retirer le combustible usagé du réacteur 4, ce même réacteur où plusieurs fuites d’eau ont été détectées. C’est une tâche extrêmement difficile. Mais il faut qu’elle soit menée à bien, pour pouvoir procéder ensuite à la phase finale qui sera celle du démantèlement des piscines de combustible et du coeur du réacteur.

Afin de mener à bien cette mission cruciale, il est très important de s’assurer qu’aucune faute de négligence pouvant affecter le processus en cours ne sera commise à l’avenir.

C’était le professeur Akio Koyama, de l’Institut du réacteur de recherche de l’université de Kyoto, qui répondait à nos questions.



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